Qu’est-ce qu’une frontière ?
Dimanche 17 avril à Cooper Union, l’anthropologue Eric Chauvier, le poète Heriberto Yepez, le compositeur et musicologue Alex Waterman et le journaliste Serge Michel avaient tous des réponses différentes.
Une ligne de démarcation entre deux pays, une division intérieure, une création géopolitique, une barrière dans les mots, une réalité historique.
D’accord, mais à quoi la repère-t-on, la frontière ?
Pour Serge Michel, entre la Suisse et la France, on reconnaît une frontière à son garde moustachu et circonspect. Pour le poète Heriberto Yepes et le compositeur Alex Waterman, on l’entend : la frontière déplace les zones du langage et de ce qui est dicible, à qui et dans quelle langue. L’anthropologue Eric Chauvier ne les voit plus, dissoutes dans les zones périurbaines.
Dimanche, ces quatre artistes et chercheurs discutaient donc des frontières au coeur de New York, la ville où les gens de tous continents affluent dans l’espoir d’échapper aux leurs, de frontières.
New York est passée maîtresse dans l’art de faire croire au monde que les frontières sont un concept dépassé – après tout, on n’a jamais demandé de visa à un flux financier.
Mais quiconque se promène à New York les voit tout de suite, ces frontières, administratives, raciales, économiques, langagières. Invisibles et palpables, elles se cachent dans la ville. Il faut les chercher et les lire.
Essai de frontiérologie new-yorkaise à travers les cartes de la ville.
La carte des 5 boroughs
la carte des 59 "neighborhoods"
et des centaines de districts.
La carte des ethnies représentées dans la ville
(source : The New York Times )













